Répartition géographique

Un certain nombre d’auteurs considèrent Madagascar comme le berceau originel des  caméléons.

 

Certains ont même voulu que le peuplement du Sri Lanka ait eu lieu par  l’intermédiaire de radeaux en provenance de l’île. Cette hypothèse est au moins partiellement  en accord avec l’axiome que posait TROUESSART en 1907 cité par BRYGOO (1963)

 

« …Le point du globe où un groupe présente à l’époque actuelle le plus grand nombre d’espèces et les formes les plus variées doit être considéré comme son centre de dispersion ».

 

Cependant nombreux sont ceux qui aujourd’hui assignent une origine africaine aux caméléons. HILLENIUS (1959) considère que c’est l’Afrique orientale, entre le Kenya et l’Éthiopie, qui fut le foyer de diffusion, basant son opinion sur le fait que c’est dans cette région que les caméléons présentent le plus grand nombre de caractères morphologiques différents et que c’est là que l’on a retrouvé des fossiles.

Les recherches génétiques de MATTHEY (1957) et MATTHEY et VAN BRINK (1960) ont également montré que les chromosomes des caméléons étaient de deux types, l’un « continental » et l’autre « insulaire ». Or l’on retrouve du type continental à Madagascar et pas inversement. Le peuplement de Madagascar aurait donc bien été secondaire.
A l’origine les caméléons vivaient sur une vaste étendue géographique.

En plus de l’Afrique [Chamaeleo intermedius HILLENIUS (1978)], ils vivaient aussi en Chine [Anquingosaurus brevicephalis HOU (1976) et en Europe Centrale (Chamaeleo bavaricus SCHLEICH (1983) C. caroliquari MOODY et ROCEK (1980)]. Les caméléons reculèrent vers le Sud jusqu’en Afrique au quaternaire lors du refroidissement climatique. Les vastes populations d’Europe se sont retrouvées réduites à seulement quelques espèces dans le sud de l’Espagne, au Portugal et en Grèce bien que certains auteurs estiment que le caméléon aurait pu être introduit par l’homme dans certaines de ces zones [ARNOLD et BURTON (1978), KLAVER (1981a)].

L’Arabie fut peuplée par trois vagues successives de migration ce qui se traduit par trois formes évolutives distinctes : Chamaeleo arabicus, C. calyptratus et C. chamaeleon orientalis [ARNOLD (1980), HILLENIUS et GASPERETTI (1984), NECAS (1995), WERNER (1902)].

Répartition géographique

Aujourd’hui les caméléons vivent dans toute l’Afrique à l’exception des régions les plus arides du Sahara et sur plusieurs îles voisines (Fernando Poo, les îles Canaries, les Comores,
Madagascar, l’île Maurice, Pemba, la Réunion, les Seychelles, Socotra et Zanzibar).
Une seule espèce (Chamaeleo chamaeleon) vit dans le sud de l’Europe (sur les côtes méridionales de l’Espagne, du Portugal, du Péloponnèse), dans quelques îles méditerranéennes (Crête, Chypre, Malte et Sicile) et dans le Proche-Orient (Turquie, Israël, Jordanie, Liban, Syrie, Péninsule du Sinaï, Péninsule arabique).
Deux espèces occupent le sud et le sud-est de la Péninsule arabique (Chamaeleo calyptratus en Arabie Saoudite et au Yémen, C. arabicus au Yémen et à Oman) et une seule espèce (C. zeylanicus) se retrouve au Sri Lanka, au Pakistan et en Inde.
Du fait de l’homme, Chamaeleo jacksonii du Kenya fut introduit aux îles Hawaï [MCKEOWN (1978)] et quelques caméléons de particuliers se sont échappés et ont formé des colonies en Californie, en Alabama et en Australie. Cette large distribution est loin d’être uniforme puisque la grande majorité des espèces se concentre dans la zone orientale de l’Afrique (Kenya, Tanzanie) et dans l’île de Madagascar.
D’une manière générale on peut retenir que le genre Chamaeleo est celui qui a la plus vaste répartition géographique, le genre Rhampholeon occupe une aire qui s’étend de l’Afrique Équatoriale jusqu’à l’Afrique du Sud, le genre Bradypodion ne se retrouve qu’en Afrique du Sud et que les trois genres Brookesia, Calumna et Furcifer sont endémiques à Madagascar.

 

Biotopes

En raison de leur vaste répartition géographique, les caméléons ont des habitats très variés. Certains demeurent au niveau de la mer (Furcifer pardalis, Madagascar), d’autres occupent les plaines (Chamaeleo dilepis, Afrique équatoriale ; Rhampholeon kerstenii, Kenya), les montagnes hautes de 2 500 mètres (Chamaeleo hoehnelii, Kenya ; Chamaeleo affinis, Ethiopie) voire celles de 4 500 mètres (Chamaeleo schubotzi, Mont Kenya). La variabilité des habitats va de pair avec des climats très divers.

On retrouve des caméléons adaptés à un climat de zone côtière (Brookesia superciliaris, Madagascar), à un climat continental (Chamaeleo africanus, Soudan), semi-désertique (Chamaeleo arabicus, Yémen) ou même désertique (Chamaeleo namaquensis, Namibie ; Chamaeleo chamaeleon « saharicus », Algérie).
Le lieu-même de vie est variable selon les espèces. La grande majorité des caméléons vit dans les forêts ou à leurs lisières. Certaines espèces apprécient les savanes de brousse (Chamaeleo dilepis, Afrique Équatoriale ; Chamaeleo quilensis, Éthiopie), les canopées (Calumna parsonii, Madagascar) ou les forêts de montagne (Chamaeleo montium, Cameroun), d’autres les broussailles des forêts équatoriales denses (Brookesia minima, Nosy-Bé) ou les forêts sèches (Brookesia decaryi, Madagascar).

Là encore on peut retenir que les espèces des genres Chamaeleo et Bradypodion sont celles qui s’adaptent le mieux à des types de végétation différents. Les caméléons appartenant à la famille des Brookésiinés avec les genres Brookesia et Rhampholeon sont très dépendants de leur milieu et exigent des forêts primaires vierges, en particulier pour la ponte.

Source : Fany JUNIUS-BOURDAIN

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